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Routes et ouvrages d'art au XVIIIe siècle

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L'aménagement des routes royales, le réseau français au XVIIIe siècle

Le texte inaugural de la politique d’aménagement et d’équipement routier du XVIIIe siècle est l’instruction du 13 juin 1738 qui établit une hiérarchie très stricte entre les différentes voies de communication : les grandes routes devront faire 60 pieds de large ; les chemins de traverse, entre 20 et 22 pieds ; les routes et grands chemins, 48 pieds ; les chemins royaux, 36 pieds.

En général, une voie désigne la manière dont on voyage. On va par voie d’eau ou de terre. La route indique tous lieux par lesquels il faut passer pour joindre deux points éloignés, alors que le chemin est l’espace de terre sur lequel on marche pour faire sa route, pour communiquer d’un lieu à un autre. Se distinguent le chemin public qui est celui où tout le monde peut passer et le chemin privé ou particulier qui sert à rejoindre châteaux de seigneurs, maisons ou grands chemins. Le chemin royal tend d’une grande ville à une autre. Entretenu par les services du roi, sa longueur a varié selon les époques. On l’appelle encore le plus grand chemin, le plus beau, parfois le plus court. Le chemin de traverse enfin, sert à communiquer d’un grand chemin à un autre ou d’un bourg à un autre.

Au XVIIIe siècle, époque de grand développement routier, les Ponts et Chaussées distinguent les chemins selon les différentes communautés responsables par un code de couleur : bleu pour les routes du roi, noir pour les routes de postes entretenues par les Etats, rouge pour les chemins de sénéchaussées, deux lignes rouges non remplies pour les chemins de diocèse, brun pour les chemins de communes exécutés à neuf, et jaune pour les chemins projetés (notice 771).

Les plans de routes

Les plans de routes conservés proviennent logiquement de la série C des Archives départementales, qui regroupe les archives des administrations provinciales et en particulier les fonds des administrations diocésaines du département. Il convient de signaler également la richesse des dossiers composant le don Guerbigny (1 J 6). Ce dernier est composé de plans et devis anciens (XVIIIe-XIXe siècle) de routes et de ponts classés par numéro de route de l'époque, et provenant des anciennes administrations diocésaines et du service des Ponts et Chaussées du Premier Empire.

 

Outre l’intérêt déjà signalé plus haut de représenter au lavis la morphologie des agglomérations traversées, les plans routiers sont remarquables par leur esthétique et leur format.

 

Leur esthétique ne doit cependant pas faire oublier qu’il s’agit de plans techniques des voies existantes et projetées. Nous conservons ainsi, par exemple, le plan du chemin de Cordes à Saint-Antonin-Noble-Val dans le Tarn-et-Garonne pour lequel trois projets ont été tracés sur une même feuille : le premier par Saint-Martin-Laguépie (actuelle D 922) et Lexos (actuelle D 958) ; le second par Tonnac, Peyralade et Laussier, c’est-à-dire les actuelles D 91 et D 19 et le troisième, rectiligne, par Vindrac-Alayrac, Marnaves et Féneyrols (notice 638). De même, le plan du grand chemin d’Albi à Saint-Antonin comporte des variantes (notice 631).

 

Ces plans de routes et chemins, tous du XVIIIe s., sont assez bien représentés numériquement puisque le catalogue recense 33 notices pour le diocèse de Lavaur (notices 880 à 912), 28 pour le diocèse d’Albi (notices 620 à 647) et 9 pour le diocèse de Castres (notices 769 à 777). Afin de simplifier au maximum les recherches, nous avons essayé, autant que faire se peut, de regrouper logiquement et par route les tronçons de chemins figurés sur les plans en indiquant les villes extrêmes. Nous avons ainsi, par exemple, regroupé sous le titre « Chemin de Castres à Revel par Dourgne », soit l’actuelle D 85, les tronçons Navès/Dourgne, Verdalle/Saint-Affrique-les-Montagnes, Sorèze/Dourgne, traversée de Sorèze et enfin Sorèze/Revel (notices 887 à 893).

 

Partie du chemin de Puylaurens à Soual (notice 883)

Cette logique a toutefois ses limites. En effet, le classement par diocèse que nous avons choisi pour structurer le catalogue, implique que le tracé des voies les plus importantes se trouve tronçonné entre différents diocèses. A l’inverse, des tronçons de petite taille figurant par exemple sur des plans terriers recensés au niveau communal ne peuvent pas apparaître dans la rubrique « Routes » des différents diocèses formant le département. Pour remédier à cela, nous avons établi une annexe (« Index des routes et chemins ») recensant tous les plans où apparaît une route de manière significative indépendamment de la logique administrative d’Ancien Régime.

 

Dans l’index, si nous prenons toujours l’exemple de l’actuelle D 85, apparaissent donc non seulement les 7 plans déjà cités (notices 887 à 893), mais aussi deux plans du chemin allant du hameau des Peyrounels (à Dourgne) à Saint-Amancet (notices 151 et 218) recensés dans le catalogue pour les communes de Dourgne et de Saint-Amancet.

 

De même, les tronçons des voies les plus importantes sont regroupés : il en va ainsi par exemple de l’actuelle N 112 d’Albi à Béziers via Saint-Pons-de-Thomières, qui est divisée dans le corps du catalogue entre le diocèse d’Albi d’une part pour le tronçon d’Albi à Castres (notice 647), et le diocèse de Castres d’autre part pour le tronçon de Castres à Lacabarède (notices 774 et 775).

 

Les ponts

Plan, coupe et élévation du pont de Milhars (notice 752)

Les plans des ouvrages d’art accomplissent les mêmes desseins que les plans routiers auxquels ils sont intimement liés. Ils sont issus des mêmes séries, série C pour l’administration diocésaine et série J pour les entrées par voie extraordinaire, plus particulièrement 1 J 6, déjà cité pour les routes (voir supra), 1 J 618 et 1 J 1141. Certains plans de routes intègrent d’ailleurs des élévations de ponts comme la carte du chemin royal d’Albigeois de Toulouse à Rodez sur laquelle figure, dans un encadré, la représentation en élévation d’un pont à quatre travées dénommé « Chaussées des Valières » (notice 620) à Cahuzac-sur-Vère.

Elévation d'un pont à quatre travées dénommé "Chaussées des Valières" (notice 620)

Ces dessins de ponts, levés en plan au sol ou en élévation et de belle facture, sont très bien représentés dans le catalogue avec 224 notices. Cette richesse s’explique par le fait que ces documents, dont la durée d’utilité était extrêmement longue pour l’entretien et les réparations, ont en général été reliés en atlas.

 

 

Pont de Vabre, sur le Gigou (notice 806)

Les plans que nous conservons proviennent en effet pour les trois quarts - soit 167 plans - de quatre volumes réalisés entre 1770 et 1777 qui sont parvenus jusqu'à nous : deux pour Albi (1 J 618/2* et 1 J 1141/1*) et deux pour Castres (C 1156* et 1 J 618/3*). Aucun Atlas ne nous est parvenu pour le diocèse de Lavaur, pour lequel nous ne conservons au total que 10 plans. La reliure a permis de préserver l'ensemble de ces plans dans un état remarquable, même si, ici ou là dans les registres, quelques plans sont aujourd'hui manquants.  

Nombre de notices de plans de ponts, par diocèse et par fonds

SériesC1 J 61 J 6181 J 1141total
Albi19224134116
Castres50345-98
Lavaur73--10
total76288634224



Détail du pont neuf de Castres (notice 779)

Tous ces plans sont dressés à l’encre et eau teinte, certains comportent des détails finement dessinés tels ces personnages, charrettes et autres carrosses traversant le pont vieux (notice 778) ou le pont neuf (notice 779) de Castres sur la rivière d’Agout en 1770.

 

Dans le corps du catalogue, nous avons choisi une présentation par document et dans l’ordre chronologique, de sorte que les plans reliés sont décrits tels qu’ils se succèdent dans le volume. Le Dadou et le Thoré faisant limite entre les diocèses, certains ponts figurent dans deux diocèses. C’est ainsi par exemple que les ponts de Briatexte, Graulhet ou Montdragon, sur le Dadou, apparaissent à la fois dans le registre des ponts du diocèse d’Albi coté 1 J 1141/1 (respectivement notices 683, 684 et 685), mais aussi dans les deux recueils de plans de ponts du diocèse de Castres, à savoir l’atlas C 1156 (respectivement notices 787, 786 et 810) et le volume 1 J 618/3 (respectivement notices 832, 847 et 851).

Par ailleurs, certains ponts peuvent apparaître dans d’autres rubriques du catalogue que celles des diocèses. Le pont de Séoux à Albi par exemple est représenté trois fois dans des rubriques distinctes du catalogue, en premier lieu sur la vue à vol d'oiseau des environs d'Albi du XIVe siècle (notice 1, depuis la porte de Verdusse et le pont de Séoux (à droite), jusqu'à l'église Saint-Genest et au château de Puygouzon (à gauche). Il apparaît une seconde fois sur le tracé de la route d’Albi à Castres passant par le pont de Séoux (notice 647). Enfin, classiquement pourrait-on dire, il est présent dans le recueil des plans de ponts du diocèse d’Albi 1 J 1141/1 (notice 674). Nous avons donc joint en annexe au catalogue un index des ponts, présentés par cours d’eau, avec l’ensemble des occurrences dans le catalogue.

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