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France

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Le catalogue s’achève avec une vingtaine de cartes regroupées sous le titre « France ». Il s’agit pour l’essentiel d’une douzaine des cartes de Cassini (notices 954 à 965), avec naturellement les feuilles formant le département du Tarn. L’actuel département du Tarn est composé de 5 feuilles dont les numéros, dates de levées et de publications sont exprimés dans le tableau ci-dessous.

 

> Cartes de Cassini formant le département actuel du Tarn
N° de feuille Carte Date de levées Date probable de publication N° notice
17 Albi 1769-1770 et 1772-1774 1778 954
18 Castres 1771-1774 Vers 1777 955
19 Carcassonne 1770 Vers 1778 956
37 Montauban 1771-1772 Vers 1777 957
38 Toulouse 1769-1771 Vers 1776 958


Carte de Cassini n°18, Castres et ses environs (notice 955)

 

Louis XV, qui avait désiré être accompagné de César François Cassini de Thury (Cassini III) durant les campagnes de Flandre afin de posséder les plans du théâtre de la guerre, fut tellement impressionné par la qualité de ses travaux qu'il le chargea, peu de temps après, de lever la carte du royaume à l'échelle d'une ligne pour 100 toises (1/86 000). S'appuyant sur une nouvelle triangulation générale exécutée de 1733 à 1744, cette carte géométrique est dès lors connue sous le nom de "carte de Cassini". Le territoire est divisé en 182 feuilles et les levées, commencées vers 1760, sont pratiquement achevées en 1789 par le fils de Cassini III, Jacques Dominique Cassini (Cassini IV).

 

D'abord destinée au roi qui se devait de connaître les pays qui étaient sous sa domination, la carte de France méritait d'être également lue des sujets de Sa Majesté. Ce dernier point, qui envenima les relations entre les ingénieurs de Cassini et les militaires, fut résolu après la Révolution, lorsque les 182 feuilles allèrent terminer leurs jours au dépôt de la Guerre.

 

D'une importance capitale pour le monde de la cartographie, elle sert de modèle à toutes les cartes nationales des différents Etats européens, et reste en service en France jusqu'au milieu du XIXe siècle, époque à laquelle on la remplace par la carte d'état-major, établie selon les mêmes principes, mais à une échelle de 1/80 000.

 

L'exécution de cette carte de France ne se fait cependant pas toujours dans la paix et la tranquillité, l'histoire de Pierre de Lalande, qu’évoque une liasse de procédure criminelle de la sénéchaussée de Castres (B 314), en est l'exemple. Ingénieur chargé de lever les cartes de notre région, il doit faire face, en 1774, à la colère des gens du lieu. Affublé de son attirail de géomètre et niché sur le toit de l'église de Cuq d'Albigeois pour les travaux de la triangulation, celui-ci, qu'une mauvaise rumeur précède, ne peut terminer son ouvrage. Accusé de sorcellerie, d'apporter la mort et la malédiction dans ses bagages, les paysans s’attroupent en criant "Aro y son, courran yé anen esparaqua, es tua aquellis mauditos personnos qui benoun porta la mort aysa" (à présent ils y sont, allons écarteler et tuer ces maudites personnes qui viennent porter la mort ici) et le violentent à coups de pierre et de hoyaux, bien qu’il soit accompagné d’un consul. Jeté dans un fossé et couvert de cailloux, le malheureux Lalande, qui n’était pas mort, parvint, après trois heures d'efforts, à s’en extraire ; il dut rester quarante jours au lit pour se remettre de cette aventure… Cette anecdote, sans doute à nuancer, montre cependant les difficultés que rencontrèrent les ingénieurs de Cassini dans certaines contrées. Confondus par les paysans avec les ingénieurs des Ponts et Chaussées à qui ils devaient des corvées, ils pouvaient en effet parfois avoir à faire face aux indélicatesses de certains autochtones.

 

Les Archives départementales du Tarn conservent aussi quelques feuilles extérieures au département : celles de Pamiers (feuille 39, notice 961), Vichy-Aigueperse (feuille 51, notice 962), Mende (feuille 55, notice 963), Millau (feuille 57, notice 964) et Narbonne-Agde (feuille 58, notice 965).

 

Outre les cartes de Cassini, cette partie du catalogue comprend aussi quelques autres cartes à l’échelle de la France. D’une part des documents originaux d’Ancien Régime comme les cartes aquarellées des gabelles (notice 969) ou celle des traites (notice 970) au XVIIIe siècle ; d’autre part, des reproductions de cartes anciennes : carte de France de Jolivet de 1578 (notice 966), carte des abbayes et monastères mauristes de 1710 (notice 967) et  carte des prieurés bénédictins de 1726 (notice 968). Enfin, figurent là quelques cartes historiques contemporaines dressées pour l’étude de l’Histoire de France (notices 971 et 972).

 

Les sources complémentaires signalent d’une part les cartes et plans conservés hors département (Archives nationales, Archives du Canal du Midi), et d’autre part, ceux conservés dans les ouvrages anciens de la bibliothèque historique des Archives départementales du Tarn ainsi que les principaux plans connus conservés dans le département, en commune ou dans les médiathèques d’Albi et Castres.

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