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Les ingénieurs géographes du Roi

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Le titre d’ingénieur géographe est un terme générique servant à désigner à la fois les ingénieurs civils du roi et les ingénieurs militaires. Directement liée à l’accroissement des possessions du souverain, la cartographie se met au service du prince et de l’Etat. Plus fondamentale encore lors des périodes de conflits, elle permet de connaître les points stratégiques, les lieux de passage des troupes, les zones d’affrontement et les villes importantes. Le souverain ne se déplace plus sans son géographe, qui est aussi très souvent son ingénieur et se doit de fournir aux militaires une bonne connaissance du terrain. Le cartographe a donc de multiples compétences et utilise aussi bien ses talents d’architecte que de dessinateur, géographe ou mathématicien.

 

 En 1445, Charles VII esquisse une centralisation de l’administration des fortifications avec l’organisation de l’Inspection des fortifications. Mais c’est Henri IV qui confie, en 1606, à son ministre Sully la création d’une véritable administration avec la Surintendance des fortifications. Maintenue centralisée sous Louis XIII, l’administration des fortifications connaît un développement important sous Louis XIV avec Louvois et Vauban : le Dépôt de la Guerre, destiné à la conservation des cartes et plans, est créé en 1688. En 1691 l’effectif des divers ingénieurs du royaume est regroupé en un corps unique d’ « ingénieurs géographes du roi ». Selon les textes, il doit y avoir 300 officiers-ingénieurs ordinaires du Roi répartis en 20 directeurs des fortifications, 90 ingénieurs en chef et 190 ingénieurs ordinaires. Formés à l’école de Mézières (à Charleville-Mézières, dans le département actuel des Ardennes, créée en 1748), ils suivent une instruction de deux ans sanctionnée par l’incorporation éventuelle au corps du Génie. L’ingénieur est chargé des fortifications des places, responsable de l’élaboration des plans et du contrôle des travaux. Lors des conflits, il s’occupe des fortifications passagères, de la construction des ponts de passage, des retranchements, des abris et autres bastions. En tant qu’ingénieur des sièges, il doit assister les artilleurs afin de les informer sur l’emplacement des batteries et du matériel à y employer. En tant qu’ingénieur-géographe, il est chargé de la reconnaissance du terrain, de dresser les plans des camps et les itinéraires des troupes. Il est enfin responsable de la levée de cartes précises des régions en arrière des armées afin d’établir les documents cartographiques utiles au bon fonctionnement des campagnes présentes et à venir.

 

Très vite ses compétences ne se cantonnent plus aux seules affaires militaires et ses travaux s’orientent vers les ouvrages du génie civil et d’urbanisme. Le corps des Ponts et Chaussées, créé en 1747, est alors chargé du tracé des voies de communications.

 

Les géographes du roi représentés dans le catalogue sont, chronologiquement :

- Tassin qui a publié dans Les plans et profilz des principales villes de la province de Languedoc avec la carte générale et les particularités de chascun gouvernement d’icelles en 1638 les cartes des gouvernements et fortifications des villes de Castres, Réalmont et Roquecourbe (notices 113, 114 pour Castres ; 519, 520 pour Réalmont et 524, 525 pour Roquecourbe). On lui attribue également une carte du Languedoc, datée de 1634 (notice 928) ;

 

Carte du Languedoc par Tassin (notice 928)

- N. Samson d’Abbeville avec une carte du gouvernement général de Guyenne (notice 931, 1650 / reproduction du XXe s.) ;

Carte du gouvernement général de Guyenne et Gascogne par Samson d'Abbeville (notice 931)

- P. Duval avec une carte des eaux pour le canal du Midi (notice 952, 1666) ;

Carte des eaux pour le canal du Midi par P. Duval (notice 952)

- J. Cavalier d’Agde avec une carte générale du Languedoc (notice 929, 1671) ;

- H. Jaillot pour deux cartes du diocèse de Castres et une carte des élections (notice 767, 1695 ; notice 768, 1700 ; notice 938, 1717) ;

- Robert pour une carte du gouvernement général du Languedoc et une autre du gouvernement général de la Guyenne (notice 934, 1752 et notice 935, 1753) ;

- Ch. Picquet avec un assemblage des cartes de Cassini (notices 959 et 960).

Un index des auteurs des plans a été dressé. Il est accessible soit par une liste alphabétique, soit en utilisant le formulaire de recherche électronique.

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