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Les XVIIe et XVIIIe siècles

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César-François Cassini de Thury (Archives de l'Académie des Sciences)

Afin de mieux connaître leurs ressources foncières, forestières et fiscales, les États modernes donnent une impulsion décisive à la cartographie régionale et locale, qui  pose désormais un regard scientifique et neutre sur la planète. En France, le Théâtre françoys, de Bouguereau de Tours  et Gabriel Tavernier (1594), est le modèle de l'atlas des provinces, dont les 18 cartes seront révisées et complétées par la suite. Dans le cadre de la politique de grands travaux menée par Colbert, l'Académie des sciences lance en 1666 un projet de cartographie systématique du royaume. Les relevés s'appuient sur la méthode de triangulation mise au point par le Hollandais Snell Van Royec, dit Snellius, en 1617, et expérimentée en France, en 1640, par l'abbé Picard. Dès 1678 paraissent les premières feuilles des environs de Paris. Le premier levé topographique national est établi en France, sur commande de l'État, par la famille Cassini qui va poursuivre cette tâche. En 1720, la grande méridienne (nord-sud) de la France est réalisée. Elle va permettre de référencer les points géodésiques. De 1733 à 1744 sont menées de nouvelles opérations géodésiques. En 1747, César-François Cassini de Thury (Cassini III) est chargé de lever la carte du royaume.


L'établissement des 154 feuilles complètes et 26 feuilles partielles couvrant toute la France à l'échelle du 1/86 000e est achevé, en 1789, par Jacques-Dominique Cassini (Cassini IV). Malgré des défauts (absence de cotes d'altitude, expression médiocre du relief par des hachures), cette première carte nationale, dite de Cassini (notices 954 à 965), constitue un jalon essentiel dans l'évolution de la cartographie. L'essor des cartes topographiques s'accompagne de la réalisation de cartes spécialisées à vocation utilitaire. Il s’agit par exemple de cartes des places fortes et des champs de bataille rassemblées par Vauban (voir plus loin, § Fortifications), de cartes des forêts comme la Grésigne dont le plan géométral a été dressé en 1787 (notice 111), de cartes d’aménagement du territoire avec les tracés de chemins, par exemple le chemin royal d’Albigeois reliant Toulouse à Rodez (notices 620 à 629), ou encore l’aménagement des cours d’eau, par exemple celui du Tarn (notices 648 et 649).

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